L’échange se fait, comme souvent maintenant, sur la terrasse de FACILITEC. C’est là que j’ai élu domicile pour mes entretiens. Même trame, mais jamais la même histoire. Mais trêve d’intro : je lui explique le déroulé, l’enregistrement démarre au même rythme que notre conversation.
Soïli, 49 ans, a rejoint Transition Minett il y a presque un an. Mère de trois enfants, elle incarne une forme de chaleur bruxelloise avec du chocolat noir à partager.
Architecte designer de formation, elle parle de son parcours comme d’un chemin « atypique ». Depuis vingt-cinq ans, elle travaille au Luxembourg. En 2009, elle ouvre son propre bureau d’études, une association où elle souhaite initier des projets d’habitat participatif, plus humains. Mais, dit-elle, « le milieu n’était pas prêt. J’ai essayé, en 2012, de faire évoluer les mentalités mais c’était trop tôt. » Pas de regrets, mais une lucidité tenace.
Le monde de l’architecture l’étouffe. Elle cherche ailleurs, là où les lignes bougent, où on peut « faire autrement ». Elle retourne sur les bancs de l’université : développement durable d’un côté, agriculture de l’autre, en Belgique. Elle complète sa formation au maraîchage bio intensif sur le modèle permaculturel. « Oui, on peut faire de gros projets qui flattent l’égo de l’architecte… Mais quand tu commences à te demander quel est ton impact, ça ne suffit plus. »
Pas de grand choc : « Ma génération a été plus critique que celle de nos parents, qui baignaient dans la consommation. Nous, on est les enfants de la crise. » Le vrai basculement ? « Quand j’ai eu mon premier enfant. C’est là que j’ai pris conscience de l’accélération du monde, de notre rapport à l’environnement. »
Chez Soïli, ce qui semble naturel, c’est prendre soin du vivant, chercher la cohérence avec la nature. Aujourd’hui, elle veut du concret. Du lien, et avoir un impact sur le terrain. Elle intervient dans le projet européen Interreg ACTE, un projet d’accompagnement citoyen pour la transition écologique sur la zone d’agglomération d’Alzette Belval. Elle y pilote la sensibilisation, par le lien, dans le but de faire émerger et d’accompagner des projets citoyens, en lien avec la transition écologique.
Le mot « transition », une évolution. « Une transition, c’est un passage d’un état vers un autre état. Pour moi, la transition écologique, c’est agir. Ne pas attendre que les autres s’y mettent. » Elle poursuit : « C’est une question d’humain. Recréer du lien entre les gens pour se reconnecter à la nature. » Par déformation professionnelle, elle compare volontiers la transition à la construction d’une maison : « On ne se rend pas compte de tout ce que ça demande. L’écoute, la créativité, la compréhension, la coordination. Mais on a tous le résultat final en tête. Comme pour une maison. »
Le mot de Soïli
Elle tient à terminer sur un appel. Pas grandiloquent, mais ancré dans l’expérience :
« On est tous un peu paralysé.e.s par nos peurs. Il faut dépasser ces schémas, s’ouvrir à la nouveauté. C’est notre responsabilité à tous et toutes de passer à l’action.»
Merci Soïli pour cet échange !
Si vous aussi, lecteur.trice.s, vous avez un projet que vous souhaitez concrétiser, contactez Soïli : soili@transition-minett.lu
Par Loane N.
