C’est un lundi ensoleillé. Le thermomètre affiche 20°C. La terrasse de FACILITEC est accompagnée par les oiseaux. Je retrouve Jeanne, le sourire franc, l’énergie contagieuse. À peine assise, elle est déjà dans le vif du sujet.
Depuis novembre 2024, elle est chargée de projets au sein de Transition Minett, à mi-chemin entre le pôle Zéro Déchet et celui de la Participation citoyenne. Elle a aussi intégré récemment le projet européen Interreg ACTE – à découvrir sur acte.gectalzettebelval.eu.
Avant d’atterrir chez Transition Minett, Jeanne a pris quelques virages. D’abord des études en économie et droit, puis un saut vers la sociologie. Grâce à un Erasmus en Suède, « un pays où l’écologie est vécue, pas seulement débattue », elle découvre qu’on peut conjuguer social et environnemental sans les opposer. « Je me suis dit waouh, c’est ça que je veux faire. » À son retour, elle bifurque vers un master “Sociétés et biodiversité”. Le chemin devient plus singulier, moins classique, mais tellement plus aligné avec ses valeurs et ce qu’elle souhaite porter.
Pour Jeanne, la transition, ce n’est pas un mot fourre-tout. C’est une vision. « L’humain fait partie d’un écosystème, il n’est pas au-dessus de tout. Il faut donc construire avec l’environnement, et non contre celui-ci. L’écologie peut profiter à tous.te.s parce qu’on ne peut pas aller contre les lois de la nature, avec les limites planétaires que nous connaissons » Et elle y croit dur comme fer : l’économie peut (et doit) rimer avec écologie. Un exemple ? « Végétaliser les villes, c’est réduire la clim’, créer des îlots de fraîcheur tout en faisant des économies d’énergie. ». Ce n’est qu’un exemple qui lui vient en tête, elle pourrait, continuer à nous en énumérer beaucoup d’autres.
Chez Transition Minett, elle encadre des projets variés, toujours avec la même envie, écouter les besoins des citoyen.ne.s et monter des projets pour eux et elles. Et ce ne sont pas les initiatives qui manquent :
- Lëtz Share, une bibliothèque d’objets, dont l’objectif est de l’installer sur le campus de Belval : vaisselles, outils, jeux de société… le but est de prendre en compte les besoins de la communauté universitaire, de manière gratuite.
- La Fresque des déchets, repensée pour le Luxembourg, co-créée avec des citoyen.ne.s engagé.e.s.
- Une garde-robe partagée, où chacun.e pourrait donner ou prendre des vêtements, et participer à des « repair couture ».
Et dans ses carnets, encore des dizaines d’idées. Jeanne est là pour pousser l’action directe, à hauteur de citoyen.ne.s. Avec un credo : rendre l’écologie accessible.
Car oui, elle en est consciente : « L’écologie a mauvaise presse. On en parle comme d’un fardeau, alors que ça peut être fun, collectif, positif. Il faut sortir du ton moralisateur. » Pour ça, elle mise sur des événements « prétextes » – des moments de partage où l’on parle transition, mais sans forcément l’afficher au premier abord. Comme l’évènement A.F.T.E.R (ambiance festive, pour trinquer, échanger, réfléchir), en décembre dernier 2024 à FACILITEC « Ce soir-là, on a vraiment senti une énergie collective. C’est ce genre d’élan qu’il faut nourrir. »
Jeanne en est convaincue : le social et l’écologie ne font qu’un. Et si on veut élargir le cercle des engagé.e.s, il faudra d’abord parler à tout le monde. Adapter les discours. Prendre les gens là où ils sont. « Tout le monde a une appétence pour quelque chose. Si on relie ça à l’écologie, tout devient possible. La mode, par exemple, peut rimer avec seconde main. Il faut arrêter de penser que la transition, c’est un sacrifice. Elle peut être fun, ponctuelle comme plus permanente. »
Envie de rejoindre le groupe seconde main & couture pour organiser des vide-dressings, repair couture ou ateliers tricot, broderie et crochet ? Tu es le.la bienvenue ! Et promis, il y aura du carrot cake de la MESA à coup sûr.
Contact : jeanne@transition-minett.lu
Par Loane N.
