À 33 ans, Artemis a déjà vécu plusieurs vies : commerçant à Paris, apiculteur passionné, et désormais acteur engagé de la transition écologique au Luxembourg. Son parcours, entre traditions familiales, école de commerce et gestion d’épicerie, a toujours été guidé par sa passion pour le produit !
Avant de poser ses valises au Luxembourg, Artèmis gérait, avec son frère, une épicerie fine à Boulogne, près de Paris. Une aventure débutée très jeune, il avait 23 ans, son frère 20, « On travaillait beaucoup avec de petits producteurs, souvent sans label bio, mais avec un savoir-faire authentique. Ce qui m’importait, c’était la transparence. Je ne voulais pas vendre une marque, mais une histoire. »
Issu d’une famille de restaurateurs, de traiteurs et de commerçants, l’alimentaire, chez lui, est une affaire de quatre générations : entre Paris et Thessalonique, la Grèce familiale, tout le monde a mis la main à la pâte.
Mais au fil des années, le commerce pur l’a fatigué. « C’était devenu trop commercial, trop éloigné de ce que je voulais défendre. »
Alors, il a pris un virage qui ne s’explique pas seulement par la raison, mais par une nécessité intérieure : retrouver le sens du lien entre la terre et l’assiette.
Depuis toujours, Artèmis est fasciné par les abeilles. Pas seulement pour leur miel, mais pour leur rôle dans l’équilibre du monde.
« L’apiculture, c’est mon dada », dit-il en souriant.
Il possède deux ruches, pas tout à fait ordinaires : des ruches solaires faites de paille et de terre, ou encore une ruche kényane, horizontale, respectueuse du rythme naturel des abeilles. Pour lui, chaque ruche est un laboratoire vivant, une leçon de patience et d’humilité.
Son amour des abeilles est aussi devenu un projet professionnel. Il collabore aujourd’hui avec des apiculteurs grecs, qu’il représente dans la région, et propose à l’hôtellerie des cadres entiers de miel, bruts, non transformés.
C’est presque par hasard qu’il découvre Transition Minett et la Mesa, le restaurant-épicerie engagé dans la transition écologique et sociale.
« Quand j’ai vu l’annonce, j’ai eu l’impression qu’ils cherchaient exactement mon profil. Tout ce que j’avais appris en dix ans, je pouvais enfin le remettre au service d’un projet qui a du sens. »
À la Mesa, Artemis retrouve le plaisir de travailler au contact des producteurs locaux, tout en explorant une nouvelle dimension : l’inclusion sociale.
« C’est complètement nouveau pour moi. Mais c’est incroyable de voir à quel point on fait une différence. On accompagne des gens, on les aide à se professionnaliser, on voit les progrès jour après jour. C’est hyper gratifiant. »
Des projets à venir ? le développement du vrac, la création de partenariats avec de jeunes maraîchers, ou encore la relance d’un rucher local avec un apiculteur dont les ruches avaient été détruites.
« Ce miel, on le proposera à la Mesa. Et j’aimerais qu’on monte des ateliers pour les enfants, pour que les gens découvrent les abeilles sans peur. »
Ce que défend Artèmis, c’est le goût du produit bien fait, pas seulement bon en bouche, mais bon dans son essence.
« La qualité, ça commence dans le sol. Un bon produit vient d’une terre vivante. »
C’est ce qu’il approfondit dans sa formation en agroécologie, qu’il suit en parallèle de son travail. Il y apprend la santé des sols, la rotation des cultures, la fixation de l’azote, le stockage du carbone — bref, l’art de cultiver sans détruire.
« Le bio, c’est un repère. C’est utile, mais ce n’est pas une garantie absolue. La biodiversité ne se résume pas à un label. Ce qui compte, c’est la manière de produire. »
Pour lui, la transition écologique, c’est avant tout une façon d’apprendre, de remettre en question, d’évoluer sans dogme.
« C’est un accompagnement. Pas une vérité toute faite. On partage, on expérimente, on avance ensemble. » Artemis croit à la force de l’exemple, à ces gestes quotidiens qui inspirent sans imposer.
« On n’attirera pas tout le monde d’un coup. Mais si on montre que c’est possible — qu’on peut faire du local, du bon, du durable — alors les gens suivront naturellement… Depuis que j’ai rejoint Transition Minett, je suis encore plus optimiste. On rencontre tellement de gens motivés, de milieux différents. On n’est pas toujours d’accord, mais c’est ça qui fait avancer. On apprend tous les jours. »
Quand il parle d’avenir, il n’a rien du rêveur naïf. Il parle d’actions concrètes, d’agriculture vivante, de circuits courts qui respectent la terre et les hommes.
Il imagine une société où l’on cultive autrement, où l’on prend enfin le temps de regarder les abeilles travailler.
Artèmis est responsable de l’épicerie de la MESA. Il gère les commandes et le contact direct avec les producteurs. Une question sur un produit ? N’hésite pas à lui demander, il te répondra avec grand plaisir !
Contact : artemis@transition-minett.lu
Par Paulina J.