Un lundi en fin de journée, je suis chez Caroline. L’un des derniers entretiens de ma série, celui qui clôture aussi, doucement, mon aventure chez Transition Minett. Comme à chaque échange, je rappelle le principe de l’exercice, un portrait par semaine d’un.e salarié.e de l’association. Parce que derrière la transition, il y a celles et ceux qui la vivent. Caroline en fait partie.
Au milieu des aboiements de son chien, Caroline évoque sa jeunesse dans la région frontalière. Longwy, côté France. Une fierté discrète : celle d’une petite-fille d’immigrés d’Italiens du Sud. « Il aurait suffi de peu pour que je sois Allemande ou Luxembourgeoise… Mais mes grands-parents ont posé leurs valises à la frontière française. » Longwy, elle l’a quittée tôt. L’envie d’ailleurs la motive dès l’adolescence. Direction Strasbourg, pour sept années d’études en sciences historiques. Puis, une histoire de couple qui l’emmène au Luxembourg, où son compagnon vient travailler. Esch devient leur point de chute en 2008.
Transition Minett, elle y arrive un peu par hasard. Une histoire de biodiversité malmenée près de chez elle. Et elle mobilise son voisinage, plante des idées, cultive un bout de terrain collectif. De fil en aiguille, elle devient bénévole. Très engagée. Jusqu’à entrer au conseil d’administration de l’association, approchée par Camille et Eric.
Aujourd’hui, elle est salariée. Une forme de continuité militante dans un cadre professionnel. Parmi les projets qu’elle a menés : le Jardin des Capucines, dont elle a suivi les débuts avec attention. Depuis qu’elle est salariée, un projet la motive tout particulièrement : créer un escape game sur la transition écologique à l’échelle d’Esch. L’idée est née au sein du CCC Culture (Collectif Citoyen pour le Climat), qu’elle a activement fréquenté. L’ambition ? Allier jeu, sensibilisation, et territoire. Rendre l’écologie ludique, concrète, proche.
Autre moment fort : la fresque murale du jardin Breedewee. Un projet artistique mené avec des élèves de l’école internationale. « J’ai adoré ce travail avec les jeunes. C’est eux qu’il faut embarquer maintenant. »
Elle l’avoue, pas de déclic écologique pour elle mais une conscience constante. « Je crois que je n’ai jamais eu de déclic. J’ai toujours eu cette obsession : celle de ne pas laisser de traces.» Ne pas abîmer, ne pas surconsommer, ne pas gaspiller. Une sorte de ligne de conduite presque naturelle (sans mauvais jeux de mots). Une exigence qui, dit-elle, a parfois été mal perçue.
Pour elle, la transition écologique c’est une continuité. « Il ne faut pas culpabiliser. Il faut embarquer les gens en douceur, dans le faire-ensemble. » Et puis il y a ce constat qu’elle peine à accepter : « Les écolos ont une mauvaise image. Je ne comprends pas pourquoi. L’écologie, ça concerne tout le monde. La préservation de l’environnement devrait être une priorité portée par tous les partis politiques. »
Le mot de Caroline
Aux habitant.e.s d’Esch et des alentours, Caroline lance une invitation simple : « Il suffit de venir nous rencontrer. On discute. Chez Transition Minett, personne n’est spécialiste. On fait chacun.e notre part, à notre mesure. Donc, chacun.e a sa place. »
Contact : caroliner@transition-minett-lu
Merci Caroline pour cet échange !
Par Loane N.

